Le taxi fonce vers le centre de Marrakech. Autour de lui, tous les véhiculent foncent aussi, et du coup ça ressemble à une grande course où tous les coups sont permis ! Un groupe de femme discute à même la route, de luxueux hôtels se cachent derrière de fausses murailles, des gens tentent de traverser la route. Au loin j'aperçois des minarets illuminés. C’est fou comme une ville paraît prude lorsqu’on s’y introduit de nuit. J’essaie d’imaginer tant bien que mal ce qu’elle me donnera la journée.
On arrive dans le quartier du Guéliz, la nouvelle ville. C’est là que je vais vivre pendant…euh…je ne sais pas encore ! Un assistant de la boîte de production m’accompagne à mon appartement au deuxième étage d’un immeuble. La première chose qui me frappe est le salon : il est immense et très bien aménagé. Sur le côté une immense télé. Dans le frigo, rien a manger mais une cinquantaine de bières !
Je n’arrive pas à me faire à l’idée que cet endroit va être « mon chez moi »… Les choses viendront avec le temps, le temps de s’installer, le temps de s’acclimater, le temps de s’émerveiller, et beaucoup d’autre temps. Allez, ça commence maintenant !
Le son de Jemaa el Fna
Mon premier jour se lève sur Guéliz. Il fait un temps printanier, loin de la chaleur torride imaginé. Tant mieux pour la transition ! Je me rends à Dreamaker, la maison de production où je vais monter le film. Pour m’y rendre j’ai juste à traverser la rue. Ça va vraiment être mon quartier ! Je rencontre Fouad, un des producteurs du film, et on commence à parler de l’avancement du film… qui n’est pas très avancé. En gros je ne risque pas de commencer à monter avant au moins deux semaines. Du coup je vais profiter de ce temps là pour visiter et prendre du bon temps.
J’arpente la grande avenue Mohammed V qui relie Guéliz à
Il y a vraiment beaucoup de touristes. Je me dis que tant que j’ai pas commencé à travailler, ben moi aussi j’en suis un ! Je traverse la grande place Jemaa el Fna, et je constate qu’elle est vraiment à la hauteur de sa réputation. C’est un endroit fantastique : des marchands de partout, des flux humain qui semblent glisser sans aucune logique de parts et d’autre de l’endroit, des musiciens, des vendeurs de tout et n’importe quoi, des dresseurs de serpents, des fumées qui s’élèvent. Je vais me poser sur une terrasse d’un café qui surplombe la place et là je me laisse bercer par ce son incroyable, alchimie entre les tambours et les flûtes, les cris des marchands et les pots d’échappement des scooters, les musiques des ghettos-blasters et les rires des jeunes filles.
Je vais ensuite m’enfoncer et me perdre dans les souks. Ces ruelles étroites bondées de marchands aspire littéralement celui qui y entre. On a l’impression d’avancer tout seul, porter par une grande énergie.
A la tombée de la nuit, je rentre fourbu, avec déjà des grandes choses dans la tête. Après une bonne pastilla au poulet à la terrasse d’un restaurant, je rentre à l’appartement tandis que plein de jeunes descendent des scooters et afflux vers les nombreux endroits branchés du quartier. La nuit va être chaude et longue pour eux. J’ai hâte de vivre moi aussi ces nuits là.
3 commentaires:
ah, Jema-el-Fna...les souvenirs me reviennent, ah...la pastilla, très bon choix!
Salut Mec!
Je crois qu'une des plus belles ambiances faite restera un travelling sonore à Jamaa el Fna, en partant d'une des portes pour rejoindre l'autre, opposée, qui va vers le souk.
Sinon, sympe ton blog.
A suivre....
Bises du pays ou en avril, on ne se découvre pas d'un fil.
Jocelyn
A Paris, la ville ressemble à Constantinople. Peut-être ne me crois-tu pas? C'est pourtant véridique. Jocelyn a raison de dire qu'il y fait froid, très froid encore. Mais les lumières surprennent. De gros nuages malmènent la couleur des pierres, des ponts, des édifices, et le soir, quand le vent est tombé, la chaleur envahit les terrasses des cafés.
Dans une semaine, nous partons pour Athènes. Puis cap au sud où les Argiens nous attendent. Enfin, c’est Kermarquer.
Jean
PS : L’eusses-tu cru… que tu mangerais des pâtes à Marrakech ?
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